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25-05-12

Hérold
8, rue Hérold
75001 Paris

Enfin un magasin de tissu haut de gamme aux prix accessibles, s’était-on écriés en cœur, séduits par le design épuré du lieu et le tarif au mètre (de 18 à 50 euros). Aujourd’hui, l’enseigne est devenue un incontournable des amateurs d’étoffes, pour l’ameublement ou l’habillement. Une version élégante et personnalisée du Marché Saint-Pierre, à quelques enjambées seulement du Palais-Royal et de la rue Montorgueil.
Sous l’impulsion de Charlotte de la Grandière, directrice artistique et scénographe du showroom qu’elle a voulu blanc comme coton, le textile regagne ses lettres de noblesse. Le conseil est toujours avisé. La qualité s’érige en dogme. On privilégie les fibres naturelles (lin, toile, cashmere, laine), les basiques et les couleurs unies, déclinées du blanc au beige crémeux, du bleu roi à l’indigo, parfois rayées ou légèrement bigarrées. En provenance directe de France, d’Italie ou du Japon pour les plus rares, les tissus sont enroulés et découpés sur place, sur une table immaculée conçue à cet effet, et qui trône en maîtresse de cérémonie au centre du magasin.
Vous aviez oubliés ce que le chic voulait dire ? Allez donc faire un tour Rue Hérold. Vous en ressortirez avec quelques mètres d’une ramie de chine à l’éclat soyeux, un coussin en lin (la boutique propose une ligne restreinte de « produits finis » à emporter), une veste ou un rideau taillés sur mesure. Et si la maison s’accorde quelques fantaisies – les gammes s’appellent « Antirides », « Abdo » ou « Adoration » –, la simplicité prime. Et rime avec longévité. L’essentiel ici est le tissu. C’est toute l’histoire de la rue Hérold qui en est bouleversée. Tristement célèbre pour avoir abrité Charlotte Corday, la nuit précédant l’assassinat de Marat, elle est désormais associée à la fibre de bon ton et de bonne facture. Le quartier du Palais-Royal n’a pas fini de s’en réjouir…

Finally an upscale fabric store with affordable prices, we screamed with joy, seduced by the space's refined design and the rate by the meter (from 18 to 50euros). Today, the shop has become a must for the fabric lovers, for the soft furnishings or the apparel. A fancy version of the Marché Saint Pierre, only a few strides to the Palais Royal and rue Montorgueil.
Under the impulsion of Charlotte de la Grandiere, showroom's art director and set designer she wanted white as cotton, textile wins back its noble letters. The advise is always acute. Quality establish it-self as a dogma. We privileged natural fibbers (linen, cloth, cashmere, whole), the basics or the plain colors, fading from white to creamy beige, from royal blue to indigo, sometimes stripped of slightly multicolored. Coming directly from France, Italy or Japan for the most unusual, fabrics are winded and cut on the premises, on a immaculate table made for that effect, throning as the master of ceremony in the center of the store.
You forgot what chic was? Go and have a look at Rue Herold. You will be out with a few meters of a ramie from China with a silky bloom, a linen cushion (the store offers a restrain line of "ready made" objects to take away), a jacket or home made curtains. And if the house allows itself a few fantasies - the lines are called "anti-wrinkle", "abs" or "adoration" - , simplicity takes precedent. And rhymes with longevity.
Fabric is the essential here. The whole story of the rue Herold is overwhelmed.
Sadly famous for having sheltered Charlotte Corday, the night before Marat's assassination, it is now associated with refined fiber. The Palais Royal neighborhood is not done being alighted about it…

Photos : Cyrille Robin
Texte : Céline Piettre

21-05-12

La Contrie
11, rue de la Sourdière
75001 Paris

Confectionner artisanalement un sac, à l’instar de tout autre objet de maroquinerie, requiert « habileté, patience et humilité » insiste
Edwina Charette de La Contrie, fondatrice de la marque La Contrie créée en 2009. Hébergée en catimini rue de la Sourdière, la Maison s’affaire minutieusement dans un refuge moderne et romantique. Établie au rez-de-chaussé, la boutique accueille une clientèle de plus en plus large, au grès des parutions et d’un bouche-à-oreille continu.Sur la base de formes  imaginées par La Contrie, chacune portant
un nom de rue du premier arrondissement, amateurs et érudits choisissent : cuir, couleur, fil, poignée, poche, fermeture, ou bijouterie.
Niché en sous-sol, où l'équipe façonne ces produits intimes en semi-mesure, l'atelier est libre d'accès à qui souhaite le visiter.
Depuis de longs mois, des institutions proposant habituellement une maroquinerie « à ranger » une fois la saison terminée, recherchent inlassablement à communiquer sur la notion, en vogue, de savoir-faire et l'imaginaire allant avec. Pourtant, dans ce milieux qu'est la maroquinerie de luxe, véritable fleuron français, l’offre personnalisée existe depuis belle lurette. Pour un service de la sorte,
c’est à la suite d’une expérience « longue et compliquée », mais également d’une rencontre avec un « façonnier merveilleux »,
qu’Edwina, rédactrice en chef de l’émission Paris Dernière, décide de quitter les plateaux de télévision pour enfiler un tablier et manier
alène, emporte-pièce et autre rainette. L'enseignement sera non sans difficulté, mais l’entrepreneuse a appris le processus du fait main
aux cotés d'un, puis de deux artisans chevronnés, passant progressivement de la maitrise des finitions, à la couture. La Contrie
ne se contente pas de proposer des modèles classiques, d’une intemporalité surprenante, aux peausseries exotiques et aux teintes
fraiches. La qualité et le service poussés « au maximum » nous assure Edwina, sont les obsessions de la Maison. Le souhait de cette
perfectionniste, boxeuse à ces heures et régulière aux plus belles tables du quartier, est d’offrir une expérience unique à ses fidèles.
Un résultat ayant naturellement séduit sa voisine, Colette, le temps d’une collaboration. Bien que deux projets soient actuellement en
cours avec JJJJound, pas question de se développer trop vite. LaContrie souhaite rester « exclusif » et ce même si Edwina communique
sur l’avancement de chaque ouvrage via les réseaux sociaux. Des réalisations personnelles qui n'ont rien d'ordinaire et n'ont
d’apparence que l'ordinaire. À partir de 1790 euros pour un sac, Le Feuillade, un élégant cabas. Prévoyez six à huit semaines dès la prise
de votre commande.

To hand-craft a bag, following the example of any other leather goods requires "sleight, patience and humility" insists Edwina Charrette de la Contrie, founder of the brand La Contrie launched in 2009. Established on the sly rue de la Sourdiere, the house bustle about, with meticulous care, in a modern and romantic refuge.
Settled on the ground floor, the shop welcomes a larger clientele everyday, resting upon publications and a continuous word of mouth. On the basis of "timelessness" designs imagined by La Countrie, each carrying the name of a street from the 1st arrondissement of Paris, amateurs and erudite chose: leather, color, string, handle, pocket, clasp or jewelry. Nested in the basement, where the team manufactures it's intimate products in semi-measure, the atelier is free access for everyone who feels like visiting. Since a few long months, institutions usually offering leather goods "to be stored" right after the season is over, are tirelessly looking to communicate on the notion, en vogue, of know-how and the imaginary going with it.
Although, in this milieu that is the luxury leather goods industry, authentic french finial, the customized offer exists since ages.
For such services, it is after a "long and complicated" experiment but also after a meeting with a "wonderful builder", Edwina, editor-in-chief of the french tv-show Paris derniere, decided to leave the TV sets to slip on an apron and handle awl, die-cutter and other tree frog.
The education won't be without difficulties, but the business-women learnt the hand-made process alongside one, than two experienced craftsman, going progressively from master the finishings, to couture.
La Contrie does not only offers classic designs, with surprising timelessness, with exotic leatherwork and fresh shades. Quality and "maximum" advanced services Edwina assures us, are the house's obsessions. The wish of this perfectionist, boxer from time to time and a regular to most fancy tables of the neighborhood, is to offer a unique experiment to it's followers.
A result having naturally seduced its neighbor, Colette, during a collaboration.
Tough two projects are currently in progress with JJJJound, it is out of the question to develop too fast. La Contrie wishes to remain "exclusive" even though Edwina communicates on each product via the social networks. Unordinary personal designs looking like the ordinary. From 1790 euro for a bag, the Feuillade, an elegant tote. Anticipate 6 to 8 weeks from the moment you order.

Photos : Cyrille Robin
Texte : Mike Christy

11-05-12

Maison Michel
65, rue Sainte Anne
75002 Paris

À entendre les coups de marteaux répétés, à sentir l’odeur épaisse du bois et de la colle, à voir l’accumulation de pinces et d’aiguilles à gros calibre sur l’établi, on se croirait d’abord dans la boutique d’un cordonnier. Pourtant, la Maison Michel, installée au 65, rue Saint-Anne depuis son ouverture en 1936, fait dans l’extrêmité opposée. Son truc : le chapeau, de paille ou de feutre, aux bords souples, étroits ou évasés, capelines, bérets, panamas, voilettes et autres couvre-chefs de prestige. Les têtes les plus exigeantes, les caboches les plus coriaces, les crânes les plus cérémonieux y viennent chercher de quoi stimuler leurs méninges, sublimer leur chevelure et protéger leurs peaux fragiles. 

L’atelier de fabrication réunit l’une des plus fines équipes d’artisans-chapeliers, modistes et couseurs de Paris. Des doigts de fée qui clouent, agrafent, tendent, brodent, cerclent et garnissent. Sur les étagères, alignés comme des soldats au garde-à-vous, 3000 moules plein en bois de tilleul, les fameuses « formes », attendent d’être choisies pour domestiquer les matières réticentes. En fond sonore, ronronnent les anciennes machines à coudre la paille, les Weissmann, acquises par la Maison Michel en 1975, et qui garantissent une finition sans couture. Exceptionnelle. 

Ce savoir-faire, rare, a contribué à forger la réputation du lieu. Il a même su séduire la Maison Chanel, qui acquiert la Maison Michel en 1996. Désormais, à côté du sur mesure et de la haute couture, la directrice artistique - et également responsable accessoires et bijoux chez Chanel - Laetitia Crahay propose une ligne de prêt-à-porter, contemporaine et joyeuse. Un galon de dentelle noire souligne d’un trait de coquetterie le canotier traditionnel. Des tâches de peinture éclaboussent les capuches de pluie, en hommage au dripping de Jackson Pollock. Mesdames, Messieurs, le chapeau est mort, vive le chapeau ! 

Hearing the repeated hammer’s knock, scenting the wood and glue’s heavy smell, seeing the accumulation of pinches and big needles on the desks, we would first think to be in a cobbler’s. However, the Maison Michel, established 65 rue Sainte-Anne since it’s opening in 1936, operates in the opposite end. Their “thing”: Hats. Straw or felt, soft borders, narrow or flare, wide-brimmed, berets, panamas, veils and other prestigious headgears. The most demanding faces, the toughest heads and ceremonious skulls come to look for something to stimulate their brains, sublime their hair and protect their delicate skin.

The manufacture atelier reunites the finest team of hatters and milliners in Paris.Nimble fingers are nailing down, stapling, tightening, embroiling, hooping and stuffing. On the shelves, lined up like soldiers at attention, 3000 limewood molds, the famous “forms”, are waiting to be chosen to domesticate the reluctant materials.The ancient straw sawing machines are purring in the background, the Weissmann, purchased by the Maison Michel in 1975, are guaranteeing a seamless coating. Exceptional. 

This know-how, rare, contributed to forge the house’s reputation. It also managed to seduce the house of Chanel, who acquired Maison Michel in 1996. From now on, next to custom made and couture, the creative director Laetitia Crahay, also jewelry designer for Chanel, offers a contemporary and joyful ready-to-wear line. A black lace braid underlines a dash of vanity from the traditional boater. Paint stains spatter rain hoods, an homage to Jackson Pollock’s dripping technique. Ladies and Gentlemen’s, the hat is dead, long live the hat !

Photos : Cyrille Robin
Texte : Céline Piettre

04-05-12

Rue des Petits Pères
75002 Paris

Photos : Cyrille Robin

27-04-12

Chez Georges depuis 1964
1, rue du mail
75002 Paris

À ne pas confondre avec ses homonymes du quartier Beaubourg ou de la Porte Maillot, ce Georges là a planté son décor de bistrot à l’ancienne rue du mail, dans le IIe arrondissement de Paris, entre la place des Victoires et le sentier. Façade en bois, rideaux de grand-mère, comptoir en zinc, salle en U scandée de petites tables carrées aux nappes immaculées, banquettes en moleskine coiffées de miroirs… Rien, ou presque, ne semble avoir bougé depuis le début du XXe siècle. Ses jeunes propriétaires, Jean-Gabriel de Bueil et Dominique Paul, l’ont restauré à l’identique depuis leur rachat en 2010. On peut encore y voir danser les robes noires des « filles de salle » et les tabliers des serveurs en gilets.
Bref, ça fleure bon le Paris d’Antan et les mets d’autrefois. On y mange au coude à coude une cuisine traditionnelle qui flirte avec la gastronomie. La carte écrite à l’encre violette propose salades de museau, sole meunière, harengs et profiteroles, mais dans leur version luxe. Les produits sont frais et les sauces raffinées. Les vins sélectionnés avec soin. On dit même que le pavé du mail, spécialité du chef Michel Rossé, ferait fondre le plus coriace des carnivores…
Très fréquenté par une clientèle étrangère, venue tout naturellement chercher les saveurs d’un Paris disparu, –  celui, mythique et bohème, de Gene Kelly dans le film Un Américain à Paris –  le Georges a aussi ses habitués parisiens. Pittoresque, délicieusement anachronique, le restaurant  donne ses lettres de noblesse à la plus vulgaire des pommes de terre (les frites sont rousses ou blondes selon les préférences), et fait tressaillir nos papilles d’une nostalgie gourmande. Comme Proust avec sa madeleine.

Not to be confused with it's homonymous of the Beaubourg and Porte Maillot neighborhood, this Georges puts up it's retro bistrot set rue du Mail, in the 2nd arrondissement of Paris, between place des Victoires and le Sentier. Wooden front, Grandma curtains, zinc counter, U shaped room accentuated with small square tables with immaculate tablecloth, moleskin seats arranged with mirrors… Nearly nothing seem to have moved since the beginning of the 20th century. It's young owner, Jean-Gabriel de Breuil and Dominique Paul, restored it to identical since their buyout in 2010. We can still see dancing the black dresses of the "filles de salle" and the waiters in waistcoat's apron.
In brief, it is fragrant with yesteryear Paris and it's in the past dish. We eat shoulder to shoulder a traditional cuisine flirting with gastronomy. The menu written with purple ink offers snout salads, sole meuniere, herring and profiterole, but in their luxurious version. The products are fresh and the sauces are refined. Wines are selected carefully. We also say the Mail steak, chef Michel Rosse's specialty, would melt down the toughest of carnivores…
Highly busy with a foreign clientele, coming unnaturally to look for the flavors of a vanished Paris - the mythical and bohemian one, of Gene Kelly in the motion-picture An american in Paris - Georges also has its parisian regulars.
Picturesque, deliciously anachronistic, the restaurant gives its letters patent of nobility to the most vulgar potato (french fries are red or blond depending on the preferences) and have our taste bud quiver with a greedy nostalgia.
Like Proust with his madeleine.

Photos : Cyrille Robin
Texte : Céline Piettre