



Enfin un magasin de tissu haut de gamme aux prix accessibles, s’était-on écriés en cœur, séduits par le design épuré du lieu et le tarif au mètre (de 18 à 50 euros). Aujourd’hui, l’enseigne est devenue un incontournable des amateurs d’étoffes, pour l’ameublement ou l’habillement. Une version élégante et personnalisée du Marché Saint-Pierre, à quelques enjambées seulement du Palais-Royal et de la rue Montorgueil.
Sous l’impulsion de Charlotte de la Grandière, directrice artistique et scénographe du showroom qu’elle a voulu blanc comme coton, le textile regagne ses lettres de noblesse. Le conseil est toujours avisé. La qualité s’érige en dogme. On privilégie les fibres naturelles (lin, toile, cashmere, laine), les basiques et les couleurs unies, déclinées du blanc au beige crémeux, du bleu roi à l’indigo, parfois rayées ou légèrement bigarrées. En provenance directe de France, d’Italie ou du Japon pour les plus rares, les tissus sont enroulés et découpés sur place, sur une table immaculée conçue à cet effet, et qui trône en maîtresse de cérémonie au centre du magasin.
Vous aviez oubliés ce que le chic voulait dire ? Allez donc faire un tour Rue Hérold. Vous en ressortirez avec quelques mètres d’une ramie de chine à l’éclat soyeux, un coussin en lin (la boutique propose une ligne restreinte de « produits finis » à emporter), une veste ou un rideau taillés sur mesure. Et si la maison s’accorde quelques fantaisies – les gammes s’appellent « Antirides », « Abdo » ou « Adoration » –, la simplicité prime. Et rime avec longévité. L’essentiel ici est le tissu. C’est toute l’histoire de la rue Hérold qui en est bouleversée. Tristement célèbre pour avoir abrité Charlotte Corday, la nuit précédant l’assassinat de Marat, elle est désormais associée à la fibre de bon ton et de bonne facture. Le quartier du Palais-Royal n’a pas fini de s’en réjouir…
Finally an upscale fabric store with affordable prices, we screamed with joy, seduced by the space's refined design and the rate by the meter (from 18 to 50euros). Today, the shop has become a must for the fabric lovers, for the soft furnishings or the apparel. A fancy version of the Marché Saint Pierre, only a few strides to the Palais Royal and rue Montorgueil.
Under the impulsion of Charlotte de la Grandiere, showroom's art director and set designer she wanted white as cotton, textile wins back its noble letters. The advise is always acute. Quality establish it-self as a dogma. We privileged natural fibbers (linen, cloth, cashmere, whole), the basics or the plain colors, fading from white to creamy beige, from royal blue to indigo, sometimes stripped of slightly multicolored. Coming directly from France, Italy or Japan for the most unusual, fabrics are winded and cut on the premises, on a immaculate table made for that effect, throning as the master of ceremony in the center of the store.
You forgot what chic was? Go and have a look at Rue Herold. You will be out with a few meters of a ramie from China with a silky bloom, a linen cushion (the store offers a restrain line of "ready made" objects to take away), a jacket or home made curtains. And if the house allows itself a few fantasies - the lines are called "anti-wrinkle", "abs" or "adoration" - , simplicity takes precedent. And rhymes with longevity.
Fabric is the essential here. The whole story of the rue Herold is overwhelmed.
Sadly famous for having sheltered Charlotte Corday, the night before Marat's assassination, it is now associated with refined fiber. The Palais Royal neighborhood is not done being alighted about it…
Photos : Cyrille Robin
Texte : Céline Piettre















